Vous êtes placés aujourd'hui, vous tous, en présence de l'Ét'ernel, votre D'ieu : vos chefs de
tribus, vos anciens, vos préposés, chaque citoyen d'Israël; vos enfants, vos femmes et l'étranger
qui est dans tes camps, depuis le fendeur de bois jusqu'au puiseur d'eau, afin d'entrer dans
l'alliance de l'Ét'ernel, ton D'ieu, et en ce jour, voulant te constituer aujourd'hui pour son
peuple, et lui-même être ton D'ieu comme il te l'a déclaré, et comme il l'avait juré à tes pères
Abraham, Yitshaq et Yaâqov. Et ce n'est pas avec vous seuls que j'institue cette alliance et ce
pacte; mais avec ceux qui sont aujourd'hui placés avec nous, en présence de l'Ét'ernel, notre
D'ieu, et avec ceux qui ne sont pas ici, à côté de nous, en ce jour Dévarim 28, 9-14. .
La sidra
Nitsavim, traite surtout de l'Alliance de solidarité
par laquelle D'ieu voulut réaliser l'unité du peuple
d'Israël. La solidarité consiste principalement à
faire preuve pour tout Bèn Yisraèl de responsabilité
face à la conduite morale et religieuse de ses frères.
Responsabilité agissante et non l'indifférence devant
les dégâts d'une mauvaise conduite.
Cette solidarité,
ârbanout, se traduit en fait par l'engagement de
chacun à se porter garant de la conduite de l'autre. De toute
évidence, dans une telle perspective, une personne assistant,
sans réagir, face à la manière inconsidérée
de son ami de dépenser l'argent du prêt qu'elle garantit,
est appelée à payer pour honorer sa garantie. De même,
en raison de la ârbanout, celui qui ne réagit
pas face à la mauvaise conduite de son prochain engage sa
responsabilité.
Le Midrache
rapporté par Chaârè Téchouva
Yalqout sur Yirmiya paragr. 334., illustre bien la notion
de responsabilité face à la conduite de chacun et
de tous, responsabilité effective et obligatoire du fait
des liens de la ârbanout.
Imaginons, dit
Rabbi Chimône, un homme qui, en pleine mer, s'amuse à
percer la coque du bateau. Celui-ci ne peut à aucun moment
répliquer au reproche de son ami qu'il est libre de buriner
et percer la place du bateau qu'il a louée et payée.
De même il est impensable que tout individu le voyant agir
de la sorte ait une attitude indifférente. Les deux seront
coupables de mettre en danger la vie de tous : celui qui perce parce
que l'acte lui-même est répréhensible et celui
qui assisterait indifférent à ce spectacle parce qu'il
devient le complice de l'auteur de cet acte.
En s'opposant
à la mauvaise conduite de son prochain, l'homme fait son
devoir tout en dégageant sa responsabilité.
Ainsi le Talmoud
Chabbat 54b. dit :
Quiconque
ne s'oppose pas à la mauvaise conduite de sa famille engage
sa responsabilité pour toute la famille. Quiconque ne s'oppose
pas au mauvais comportement de ses concitoyens, sera responsable
pour toute la ville. Capable de reprocher à tous les citoyens
du monde, il sera responsable pour le monde entier.
Le Midrache
Tanhouma sur Nitsavim paragr. 1. citant Dévarim
29, 9. :
Vous
êtes placés aujourd'hui, vous tous, en présence
de l'Ét'ernel, votre D'ieu... dit : C'est bien ce
qu'exprime le texte Michelè 12, 7. :
Les
méchants, à peine secoués, ne sont plus! Mais
la demeure des justes est stable. Aussitôt que le
Saint béni soit-Il examine leurs actes et les scrute, les
impies seront anéantis. Ainsi, ayant examiné les actes
de la génération du déluge, elle fut détruite,
tel qu'il est dit Bérèchit 7, 23. :
D'ieu
effaça toutes les créatures qui étaient sur
la face de la terre, depuis l'homme jusqu'à la brute, jusqu'à
l'oiseau du ciel, et ils furent effacés de la terre.
Examinant
les actes des habitants de Sédom, ils n'eurent plus droit
à l'existence comme il est dit id. 19, 25. :
Il
détruisit ces villes, toute la plaine, tous les habitants
de ces villes, et la végétation du sol.
Scrutant
les actes des Égyptiens, ils furent anéantis tel qu'il
est dit Chémot 14, 28. :
Pas
un d'entre eux n'échappa.
Scrutant
les actes de Babèl, elle ne put continuer à exister,
comme il est dit Yéchâya 14, 22. :
Oui,
Je me lèverai contre eux, dit l'Ét'ernel Tsébaot,
de Babylone, je détruirai le nom et la trace, tout descendant
et toute postérité, dit le Seigneur.
À
propos de tous, David dit Téhillim 36, 13. :
Au
contraire, qu'ils tombent les malfaiteurs; qu'ils soient renversés
sans pouvoir se relever!
En revanche,
Israël tombe mais se relève tel qu'il est dit Mikha
7, 8. :
N'exulte
pas à mon sujet, ô mon ennemie, car si je suis tombée,
je me relève. Il est dit, par ailleurs Mal'akhi
3, 6. :
Parce
que Moi, Ét'ernel, Je ne change pas, vous aussi, enfants
de Yaâqov, n'avez pas été anéantis...
Rabbi Hanina
Bar Pappa dit : Le Saint béni soit-Il fait remarquer : Jamais
Je n'ai frappé [pour la détruire] deux fois une nation,
mais vous, fils de Yaâqov, vous n'êtes point exterminés,
tel qu'il est dit Dévarim 33, 23. :
Contre
eux J'épuiserai mes flèches. Mes flèches
seront épuisées mais eux ne seront point exterminés.
Ainsi s'était exprimée l'Assemblée d'Israël
Èkha 3, 12. :
Il
a bandé son arc et m'a dressé comme une cible à
ses traits. Cela fait penser à un héros qui
avait dressé une cible qu'il visait de ses flèches.
Ses flèches furent épuisées mais la cible demeura.
Ainsi, tout le temps qu'Israël est frappé de malheurs,
ses souffrances connaissent une fin et lui, en revanche, existe
toujours. Aussi est-il dit :
Les
méchants, à peine secoués, ne sont plus. Mais
la demeure des justes est stable.
Ce midrache
a pour objet de justifier les souffrances et les malheurs qui frappent
le juste et épargnent souvent l'impie.
La lecture de
la sidra Ki Tavo nous place, il est vrai, devant la situation
où Israël, désobéissant aux ordres de
D'ieu, édictés dans la Tora, s'expose à de
nombreuses malédictions. Celles de Ki Tavo sont
au nombre de 98. Déjà la sidra Bé-houqotaï
énonce 49, toutes dites de la bouche de D'ieu.
Pourquoi tant
d'acharnement contre le peuple d'Israël menacé dans
son existence même par D'ieu et Mochè en cas de désobéissance
et révolte? De plus, Israël, en tant que peuple élu
et aimé de D'ieu, ne mérite-t-il pas plus d'égards
et plus de compréhension? Pourquoi donc faut-il qu'au premier
écart de conduite, il soit exposé à autant
de rigueur? Les autres peuples et les impies ne méritent-ils
pas un traitement plus rigoureux?
Mais la réponse
est surprenante! Les autres peuples ainsi que les impies n'ont nullement
besoin d'être frappés avec rigueur pour disparaître
de la scène de l'histoire. À peine secoués,
dès lors que D'ieu examine leur cas, ceux-ci n'existent plus.
L'histoire foisonne
de cas semblables : génération du déluge, Sédom,
Égypte et Babèl. Tout compte fait, ils ne peuvent
supporter une souffrance. Leur nature est ainsi faite: tant que
D'ieu supporte leurs exactions et les laisse faire, leur existence
n'est point menacée. Mais aussitôt que D'ieu décide
de leur faire porter le poids de leur mauvaise conduite, ils disparaissent
de la scène mondiale.
Néanmoins,
la nature d'Israël est différente. Bien loin de mettre
son existence en danger, les souffrances que lui inflige D'ieu servent,
au contraire, à lui donner plus de force, plus d'espoir,
pour une vie meilleure et une existence plus lumineuse. Les souffrances,
pour Israël, agissent comme le sel qui préserve les
aliments contre la décomposition.
Les souffrances
qui frappent Israël sont positives. Elles incitent à
un retour au droit chemin, à une véritable conversion.
Yissourim, souffrances, dérive du terme
yassèr, ou yachèr, rendre droit.
Aussi, pour cette raison morale, se dit
en hébreu, moussardérivant de yassèr.
L'aspect moralisateur des souffrances, redressant les torts, n'est
retenu et utilisé que pour Israël qui, lui, intègre
dans son système moral la téchouva, le
repentir. Sans cette possibilité de repentir, l'homme
ne saurait avoir de place dans l'existence.
Le Midrache
Bérèchit Rabba sur la sidra Noah.
enseigne que le potier, examinant ses pièces après
la cuisson au four, fait subir des percussion aux pots solides,
non à ceux qui sont fêlés, susceptibles de se
briser à peine secoués.
Ainsi Israël,
parce qu'il s'apparente à la Tora divine, n'est pas si vulnérable
pour disparaître de la scène mondiale dès qu'il
subit malheurs et souffrances. La nature de la Tora, divine et éternelle,
confère à Israël la permanence et l'existence
malgré les souffrances. Celles-ci ont une fin. Elles ont
été dénombrées pour bien souligner que
les souffrances telles les flèches, viendraient à
épuisement et non Israël. L'alliance de solidarité
agit justement en vue de maintenir l'existence d'Israël.
Le midrache
Tanhouma cf. Nitsavim paragr. 1., lui-même,
établit une différence entre les peuples et Israël
pour ce qui a trait à la réaction face aux souffrances.
Les peuples n'ont pas assez de patience pour analyser l'objectif
visé par les châtiments qui les frappent. Pour eux,
ils s'arrêtent à l'injustice du mal qui les affecte,
ne l'attribuent nullement à D'ieu, à la Providence.
Aussi, contestent-ils leur bien-fondé et n'évoquent-ils
pas le Créateur pour les en délivrer. C'est pourquoi
il est dit Téhillim 79, 6. : Répands ta colère
sur les peuples qui ne te connaissent point, sur les empires qui
n'invoquent pas Ton Nom!
En revanche,
les Bénè Yisraèl expriment une humilité
face à D'ieu qui les frappe de châtiments, ainsi qu'il
est dit id. 116, 3. : Je lèverai la coupe du salut, et
proclamerai le nom de l'Ét'ernel parce que J'avais
éprouvé détresse et douleurs. Aussi D'ieu
déclare-t-Il : Les malédictions sont là
pour vous assurer l'existence.
Le Yalqout
Chimôni Sidra Nitsavim. dit à ce propos
:
N'est-il
pas dit plus haut Dévarim 29, 6. :
Vous
êtes ainsi parvenus jusqu'à cette contrée. Là
Sihone, roi de Hèchebone, et Ôg, roi
de Bachane, ont marché à notre rencontre pour nous
livrer bataille et nous les avons battus. Et il est écrit,
par ailleurs Michelè 12, 7. :
Les
méchants, à peine secoués, ne sont plus! Mais
la demeure des justes est stable. Cela fait penser à
deux portraits, l'un en or et l'autre en cire. Exposés aux
flammes, le portrait de cire fond vite. En revanche, celui en or
résiste au feu.
Rabbènou
Béhayè fait un parallèle entre ce rassemblement
de tout Israël le jour de la mort de Mochè, et celui
ayant eu lieu lors du don de la Tora. La différence réside
dans le fait que ce deuxième rassemblement est assorti d'une
alliance et serment. Cette nouvelle alliance se justifie par les
deux promesses que fait D'ieu au peuple d'Israël.
La première
concerne l'existence d'Israël. Elle ne sera jamais remise en
cause puisqu'Il annonce la naissance de générations
futures.
La deuxième
consiste à assurer Israël sur la vie dans le monde
futur, , Ôlam ha-ba, puisque les malédictions
de Ki Tavo sont là pour les inciter à rester
fidèles à la Tora. C'est pourquoi, le texte précise
: Vous êtes placés, autrement dit, vous
existez aujourd'hui, vous tous, en présence de l'Ét'ernel
votre D'ieu.
Cette leçon,
le midrache Tanhouma la tire en s'arrêtant
sur le terme en ce jour. Il dit notamment :
Comme le
jour se maintient et qu'aux ténèbres succède
la lumière, ainsi D'ieu fera encore briller votre lumière
tel qu'il est dit Yéchâya 60. 19. :
Ce
ne sera plus le soleil qui t'éclairera le jour, ni la lune
qui te prêtera le reflet de sa lumière : L'Ét'ernel
sera pour toi une lumière permanente, et ton D'ieu une splendeur
glorieuse.
Vous êtes
placés aujourd'hui, vous tous, en présence de l'Ét'ernel,
votre D'ieu : vos chefs de tribus, vos anciens, vos préposés,
chaque citoyen d'Israël; vos enfants, vos femmes et l'étranger
qui est dans tes camps, depuis le fendeur de bois jusqu'au puiseur
d'eau.
Vous
êtes placés aujourd'hui.
Ce verset n'est
pas précédé de la formule consacrée
l'Ét'ernel parla à Mochè ou Mochè
dit aux Bénè Yisraèl. Pourquoi ce verset
d'introduction est-il absent?
Mais si le verset
d'introduction ne s'avérait nullement nécessaire parce
qu'il fait suite à la fin de la sidra Ki Tavo, quelle
relation existe-t-il entre les deux sidrot, péricopes?
En vérité
Nitsavim suit aussitôt la sidra Ki Tavo.
Le midrache, dit à ce propos Yalqout sur
la sidra Nitsavim. :
Lorsque
les Bénè Yisraèl ont entendu les cent moins
deux malédictions énoncées dans Dévarim
en plus des 49 énoncées dans Wayi-qra Sidra Bé-houqotaï.
leur visage pâlissant, se sont écriés : Qui
peut résister à toutes ces malédictions? Mochè
s'est mis alors à les consoler disant : Ces malédictions
ne vous sont pas destinées, elles le seront pour les autres
peuples! Vous, en revanche, vous êtes tous placés devant
l'Ét'ernel aujourd'hui comme le jour d'aujourd'hui qui, d'obscur
devient clair, ainsi vous existerez à jamais même lorsque
les astres, soleil et lune, viendront à disparaître,
vous existerez et vous serez éclairés à la
lumière divine.
Ce midrache
nous surprend car la consolation de Mochè vient en quelque
sorte neutraliser l'effet de dissuasion des malédictions
sur le comportement moral des Bénè Yisraèl.
De plus l'expression
cent moins deux malédictions est surprenante car
pour quelle raison ne dit-il plus simplement 98?
Or l'analyse
du texte des malédictions tant de Bé-houqotaï
et Ki Tavo révèle, comme le signale Kéli
Yaqar, que l'homme, tenté de désobéir sans
s'exposer aux châtiments prévus dans ces malédictions,
chercherait à se protéger par toute mesure préventive
en sa possession. Ainsi la famine qui frappe le pays pourrait-elle
être contournée par l'importation de denrées
d'un autre pays et les maladies enrayées par les vaccins
ou autres procédés que la science préconise.
À la
lecture de toutes ces malédictions, les Bénè
Yisraèl ne furent pas impressionnés tant leur
possibilité de les contourner était évidente.
Mais lorsqu'ils ont entendu dire Dévarim 28, 61. :
Bien d'autres
maladies encore, bien d'autres plaies non consignées dans
le livre de cette Tora, l'Ét'ernel les fera surgir contre
toi, jusqu'à ce que tu sois exterminé,
ils ont pâli.
La menace se précise. Il s'agit de deux autres malédictions
générales contre lesquelles aucune mesure préventive
n'était possible. Mochè avertit, en fait, que D'ieu
peut à tout moment faire appel à ces deux dernières
malédictions. Il ne le fait pas car vous êtes placés
tous..., vous êtes liés par l'alliance de solidarité
et, comme souligne le midrache Yalqout sur Nitsavim.
:
Vous êtes
tous unis comme un tas de brindilles que nul ne peut rompre à
moins de s'attaquer à elles une à une. Ainsi, en est-il
pour vous.
Étant
unis, vous pourrez continuer à exister malgré la menace
des malédictions. Ce qui n'est pas le cas pour les autres
peuples qui eux ne connaissent que division et désunion.
Aussi, pour
bien souligner le lien direct existant entre Ki Tavo et
Nitsavim n'est-il pas nécessaire d'introduire par
un verset du genre : Mochè parla aux Bénè
Yisraèl.
Vos
chefs de tribus, vos anciens, vos préposés, chaque
citoyen d'Israël; vos enfants, vos femmes...
Si le texte
mentionne déjà vous tous êtes
placés, pour quelle raison détaille-t-il tous
ceux qui sont placés?
Pour quelle
raison Mochè choisit-il un tel ordre de priorité?
Rachi dit à ce propos que l'ordre suivi fut selon l'importance
de chacun!
Pourquoi alors
ce rassemblement a-t-il été fait dans cet ordre inhabituel?
En les rassemblant
de cette manière, chefs de tribus, anciens, préposés,
tout citoyen..., Mochè avait pour objectif de lier ceux
qui sont à la tête du peuple pour les responsabiliser
en cas de mauvaise conduite morale du peuple.
En effet, riche
de l'expérience de la première alliance cf. Chémot
24, 6-8. qui n'a pas tenu à cause de la faute du veau d'or,
Mochè décide-t-il cette fois-ci, pour s'assurer du
concours de tous, de les lier par l'alliance de solidarité
qui engage chacun à être responsable de son prochain.
En cas de carence, de non intervention pour ramener le peuple au
droit chemin, les chefs seront châtiés en premier.
Chacun selon
ses compétences, par rapport à l'autorité qu'il
assume, devient responsable de ceux qui sont sous son autorité.
Ainsi, les chefs seront-ils responsables des tribus, les anciens
de leur communauté selon l'enseignement du Talmoud Chabbat
54b. :
Quiconque
a autorité de s'opposer à la conduite des habitants
de la ville et ne le fait, est responsable de leurs fautes.
Ailleurs Roche
ha-Chana 8b. il est dit : Le roi est jugé en premier
avant le peuple.
Toutefois, Mochè
agit de telle sorte que les Bénè Yisraèl,
unis et responsables les uns des autres, soient là pour durer
et exister malgré les écarts dans leur conduite religieuse
et morale.
Le texte commence
par l'emploi du pluriel Vous tous,, pour terminer par l'emploi
du singulier ton étranger. Pourquoi ce changement
de nombre?
L'unité,
maintenant la paix au sein de la société, apporte
avec elle la protection. C'est la différence entre la génération
de David et celle d'Ah'ab. Malgré l'idolâtrie,
Ah'ab revenait victorieux sans perte d'hommes parce que disent
nos maîtres, au temps d'Ah'ab tout le peuple était
uni. Ce ne fut pas le cas de la génération de David.
Si la victoire était assurée, il y avait toujours
perte d'hommes parce que la division régnait parmi eux.
Aussi est-ce
l'intention de Mochè de recommander l'unité. Ce qui
explique le passage du plurielau singulier.
Le peuple d'Israël doit se sentir comme un seul corps. De ce
fait lorsqu'un seul membre souffre c'est tout le corps qui doit
souffrir.
Le midrache
Yalqout sur Yirmiya paragr. 334. rend bien compte de cette
réalité en disant :
Pourquoi
Israël a-t-il été comparé à un
agneau tel qu'il est dit Yirmiya 50, 17. :
Israël
était un agneau pourchassé...? Pour nous
enseigner qu'Israël est comme un agneau : blessé à
l'un de ses membres, c'est tous les membres qui souffrent.
Afin d'entrer
dans l'alliance de l'Ét'ernel, ton D'ieu, et en ce jour,
voulant te constituer aujourd'hui pour son peuple, et lui-même
être ton D'ieu comme il te l'a déclaré, et comme
il l'avait juré à tes pères Abraham, Yitshaq
et Yaâqov.
Afin
d'entrer dans l'alliance de l'Ét'ernel, ton D'ieu,
Pour quelle
raison cette alliance est-elle aussi assortie d'un serment? L'alliance
à elle seule ne suffit-elle pas pour qu'il faille ajouter
la chévouâ, serment?
Pour Or ha-Hayim.
cette alliance est aussi assortie d'une chévouâ
parce qu'un Bèn Yisraèl pourrait être
tenté à dire : plutôt que de professer la foi
en un D'ieu unique et être châtié pour chaque
transgression, il suffit de renier à la base cet article
de foi et ne subir qu'un seul châtiment pour toute la Tora.
Aussi, D'ieu
conclut-Il une alliance avec les Bénè Yisraèl
l'accompagnant de la chévouâ pour rendre obligatoire
la réalisation de chaque article de la Tora. L'alliance s'adressant
à la totalité de la Tora et la chévouâ
pour chacun des cas de la Tora.
Et ce n'est
pas avec vous seuls que j'institue cette alliance et ce pacte; mais
avec ceux qui sont aujourd'hui placés avec nous, en présence
de l'Ét'ernel, notre D'ieu, et avec ceux qui ne sont pas
ici, à côté de nous, en ce jour.
Et
avec ceux qui ne sont pas ici, à côté de nous,
en ce jour.
Peut-on engager
également par cette alliance les générations
futures comme le texte le stipule? Et pourquoi avoir pris une telle
disposition?
Rabbi Yitshaq
Ârama, dans son oeuvre Âqédat Yitshaq
et après lui Rabbi Yitshaq Abrabanèl, dans
son commentaire sur la Tora, commentant l'expression : et avec
ceux qui ne sont pas ici, à côté de nous, en
ce jour, attestent qu'il s'agit des âmes, néchamot,
appelées à naître.
D'ieu contraint,
par ce serment, les générations présentes à
perpétuer l'engagement de respecter les termes de l'alliance
pour les générations futures cf. Or ha-Hayim.
Mais, pour le
Baâl ha-Âqèda, il existe bien une chévouâ
au niveau de la néchama. L'âme, elle-même,
peut hypothéquer toute sa vie future par une chévouâ
comme il a été dit Nidda 30b. à propos de l'âme
peu avant la naissance : Quel est le serment qu'on fait prêter
[à l'âme] : sois juste, tsaddiq, ne sois pas impie,
rachâ...
C'est donc grâce
à cette alliance que le peuple d'Israël bien que dispersé
aux quatre coins du monde existe en tant que peuple. La Tora le
souligne d'ailleurs : Afin de te constituer aujourd'hui pour
Son peuple et Lui-même être ton D'ieu.